đŸ€–đŸŒż STFE – IA Éthique
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les membres fondateurs

La Fédération des PlanÚtes Unies rassemble des mondes profondément différents par leur histoire, leur culture, leurs institutions et leurs traditions. Vulcain reste Vulcain, Tellar reste Tellar, Andoria reste Andoria.

Entrer dans la FĂ©dĂ©ration ne signifie donc pas abandonner son identitĂ© politique pour devenir une simple subdivision administrative d’un État centralisĂ©.

Au contraire, tout ce que Star Trek nous montre suggÚre un systÚme dans lequel les mondes membres conservent une large autonomie interne, tandis que certaines compétences sont exercées collectivement au niveau fédéral.

C’est ce qui permet Ă  la FĂ©dĂ©ration d’unir des civilisations diffĂ©rentes sans chercher Ă  les uniformiser.


🖖 Une FĂ©dĂ©ration qui unit sans effacer

Lorsque la FĂ©dĂ©ration est fondĂ©e en 2161, ses quatre membres fondateurs — la Terre, Vulcain, Andoria et Tellar — possĂšdent dĂ©jĂ  leurs propres civilisations, gouvernements, institutions et traditions.

La création de la Fédération ne les fait pas disparaßtre.

Vulcain conserve ainsi son identitĂ© politique et culturelle. Il continue Ă  possĂ©der ses propres autoritĂ©s et ses propres institutions. Il en va de mĂȘme pour les autres mondes membres.

La FĂ©dĂ©ration constitue donc moins la crĂ©ation d’un État uniforme que la mise en commun d’un certain nombre de responsabilitĂ©s entre plusieurs sociĂ©tĂ©s qui acceptent de construire ensemble une communautĂ© politique plus vaste.

C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui distingue une fĂ©dĂ©ration d’un État entiĂšrement centralisĂ©.


đŸ›ïž Deux niveaux de pouvoir

Le fonctionnement présenté dans Star Trek permet de distinguer deux niveaux.

D’un cĂŽtĂ© existe le niveau fĂ©dĂ©ral, avec notamment :

  • le PrĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration ;

  • le Conseil de la FĂ©dĂ©ration ;

  • les institutions judiciaires fĂ©dĂ©rales ;

  • Starfleet ;

  • la diplomatie entre la FĂ©dĂ©ration et les autres puissances ;

  • la dĂ©fense collective ;

  • certaines rĂšgles et garanties communes applicables aux citoyens et aux membres.

De l’autre subsistent les institutions propres aux mondes membres.

Un Vulcain n’est donc pas seulement citoyen de la FĂ©dĂ©ration. Il appartient Ă©galement Ă  une sociĂ©tĂ© vulcaine disposant de ses propres institutions.

Cette double appartenance permet de comprendre l’organisation fĂ©dĂ©rale : l’unitĂ© politique existe sans supprimer les communautĂ©s qui la composent.


đŸȘ Vulcain reste administrĂ© par Vulcain

Star Trek montre réguliÚrement Vulcain comme une société possédant ses propres responsables politiques, diplomatiques, scientifiques et religieux.

La FĂ©dĂ©ration n’administre pas directement chaque aspect de la vie vulcaine depuis la Terre.

Il en va de mĂȘme pour d’autres mondes.

Betazed conserve sa culture et ses institutions. Andoria conserve son identité. Tellar Prime reste le monde des Tellarites. Chaque civilisation continue à organiser une grande partie de sa vie collective.

Cette diversitĂ© n’est pas une anomalie que la FĂ©dĂ©ration chercherait Ă  faire disparaĂźtre.

Elle constitue au contraire l’un de ses principes fondamentaux.

StarTrek.com dĂ©crit d’ailleurs la FĂ©dĂ©ration comme un ensemble de mondes et de peuples culturellement diffĂ©rents partageant certaines valeurs communes : Ă©galitĂ©, exploration, libre arbitre et amĂ©lioration des conditions de vie.


⚖ Ce que la FĂ©dĂ©ration peut imposer

Autonomie ne signifie cependant pas indépendance totale.

Un monde qui adhÚre volontairement à la Fédération accepte nécessairement certaines rÚgles communes.

La FĂ©dĂ©ration possĂšde notamment ses propres lois et peut les faire respecter Ă  l’intĂ©rieur de son territoire. Les Ɠuvres Star Trek montrent Ă©galement l’existence d’institutions judiciaires capables d’appliquer des normes fĂ©dĂ©rales.

L’Ă©pisode « Ad Astra per Aspera » de Star Trek: Strange New Worlds est particuliĂšrement rĂ©vĂ©lateur : Una Chin-Riley est jugĂ©e dans le cadre d’une lĂ©gislation fĂ©dĂ©rale, devant une juridiction composĂ©e de reprĂ©sentants de plusieurs espĂšces.

La FĂ©dĂ©ration dispose donc bien d’un ordre juridique dĂ©passant celui d’un monde particulier.

Certaines matiÚres relÚvent logiquement du niveau fédéral :

  • les relations diplomatiques avec les puissances Ă©trangĂšres ;

  • la sĂ©curitĂ© et la dĂ©fense communes ;

  • les activitĂ©s de Starfleet ;

  • la protection de certains droits fondamentaux ;

  • les engagements internationaux de la FĂ©dĂ©ration ;

  • les rĂšgles nĂ©cessaires au fonctionnement de l’ensemble fĂ©dĂ©ral.

Un monde membre ne peut donc vraisemblablement pas agir d’une maniĂšre qui remettrait directement en cause ses engagements envers l’ensemble de la FĂ©dĂ©ration.


đŸš« Ce que la FĂ©dĂ©ration ne devrait pas imposer

Inversement, rien dans Star Trek ne suggĂšre que le gouvernement fĂ©dĂ©ral dĂ©cide quotidiennement de l’ensemble des affaires internes de Vulcain, Tellar Prime, Andoria ou Betazed.

Il serait contraire Ă  la philosophie mĂȘme de la FĂ©dĂ©ration de vouloir imposer Ă  toutes les civilisations :

  • une culture unique ;

  • une langue unique ;

  • des traditions identiques ;

  • une organisation sociale uniforme ;

  • une seule maniĂšre de vivre ;

  • ou la disparition de leurs institutions locales.

La Fédération cherche à créer un cadre commun, et non une civilisation standardisée.

La différence est fondamentale.

Elle permet à plusieurs espÚces de vivre ensemble tout en conservant ce qui constitue leur identité.


đŸ”œ Le principe de subsidiaritĂ©

Star Trek emploie rarement explicitement le terme subsidiaritĂ©, mais cette notion permet de dĂ©crire assez prĂ©cisĂ©ment le systĂšme que l’univers prĂ©sente.

Le principe est simple :

une dĂ©cision doit ĂȘtre prise au niveau le plus proche possible de ceux qu’elle concerne, tant que ce niveau est capable de rĂ©soudre efficacement la question.

Ainsi, ce qui concerne principalement Vulcain devrait ĂȘtre dĂ©cidĂ© sur Vulcain.

Ce qui concerne plusieurs mondes peut nécessiter une coordination fédérale.

Et ce qui concerne l’ensemble de la FĂ©dĂ©ration doit ĂȘtre traitĂ© par ses institutions communes.

On pourrait résumer cette organisation ainsi :

local quand c’est possible, fĂ©dĂ©ral quand c’est nĂ©cessaire.

La subsidiaritĂ© permet donc de concilier deux exigences qui pourraient sembler opposĂ©es : l’autonomie des membres et la cohĂ©rence de l’ensemble.


đŸ€ L’adhĂ©sion plutĂŽt que la domination

Cette autonomie prend tout son sens lorsqu’on compare la FĂ©dĂ©ration Ă  d’autres puissances de Star Trek.

Le Dominion, par exemple, rassemble lui aussi de nombreuses espĂšces et de nombreux mondes. Mais ceux-ci sont placĂ©s sous l’autoritĂ© des Fondateurs et doivent se conformer aux intĂ©rĂȘts du pouvoir central.

La Fédération suit une logique différente.

StarTrek.com souligne prĂ©cisĂ©ment cette opposition : la FĂ©dĂ©ration s’est construite sur la coopĂ©ration entre diffĂ©rentes civilisations et repose sur une adhĂ©sion volontaire, lĂ  oĂč le Dominion impose son autoritĂ© aux peuples qu’il contrĂŽle.

La différence ne réside donc pas seulement dans la diversité des populations.

Elle réside dans la relation entre le centre et les membres.


đŸšȘ Pouvoir entrer
 mais aussi pouvoir partir

L’un des indices les plus importants de cette autonomie apparaĂźt dans Star Trek: Discovery.

AprÚs le « Burn », plusieurs anciens membres quittent la Fédération.

La Terre s’en retire.

Vulcain, devenu Ni’Var aprĂšs la rĂ©unification entre Vulcains et Romuliens, quitte Ă©galement l’organisation avant de finalement la rejoindre de nouveau au XXXIIe siĂšcle. StarTrek.com confirme explicitement cette rĂ©intĂ©gration de Ni’Var dans la FĂ©dĂ©ration.

Cela indique quelque chose de fondamental :

l’appartenance Ă  la FĂ©dĂ©ration n’est pas assimilable Ă  une domination irrĂ©versible.

Un membre conserve une existence politique suffisamment importante pour pouvoir remettre en question son appartenance Ă  l’ensemble fĂ©dĂ©ral.

Cette possibilitĂ© renforce l’idĂ©e d’une FĂ©dĂ©ration reposant davantage sur le consentement et la coopĂ©ration que sur la contrainte.


🌍 Une unitĂ© construite sur la diversitĂ©

La force de la FĂ©dĂ©ration ne vient donc pas de l’effacement des diffĂ©rences.

Elle vient de sa capacitĂ© Ă  permettre Ă  des sociĂ©tĂ©s extrĂȘmement diffĂ©rentes de construire des institutions communes.

Un Vulcain peut rester profondément vulcain.

Un Tellarite peut conserver les traditions tellarites.

Un Andorien peut rester attaché à son histoire et à sa culture.

Et tous peuvent néanmoins participer à un projet politique commun.

Cette conception reprĂ©sente l’un des aspects les plus modernes de l’utopie proposĂ©e par Star Trek : l’unitĂ© n’exige pas nĂ©cessairement l’uniformitĂ©.


🖖 Une lecture fĂ©dĂ©rative pour la STFE

Pour la STFE, ce fonctionnement constitue un principe particuliĂšrement important.

Une véritable fédération ne devrait pas chercher à gouverner tout depuis son centre.

Elle devrait déterminer précisément quelles compétences nécessitent une action commune, puis laisser le reste aux communautés qui la composent.

Le pouvoir fĂ©dĂ©ral intervient lorsqu’une question dĂ©passe les possibilitĂ©s d’un membre isolĂ© ou lorsque les droits et intĂ©rĂȘts de l’ensemble sont concernĂ©s.

Dans tous les autres cas, l’autonomie doit rester la rĂšgle.

Cette conception permet de construire une organisation suffisamment forte pour agir collectivement, sans transformer la Fédération en structure centralisée éloignée des citoyens.

La FĂ©dĂ©ration devient alors non pas un pouvoir placĂ© au-dessus des peuples, mais l’instrument qu’ils construisent ensemble pour accomplir ce qu’aucun d’entre eux ne pourrait accomplir seul.


✹ Conclusion

La Fédération des PlanÚtes Unies repose sur un équilibre permanent.

Elle possÚde des institutions communes, un droit fédéral, une diplomatie, une organisation de défense et des principes auxquels ses membres doivent adhérer.

Mais elle ne cherche pas pour autant Ă  administrer chaque monde de maniĂšre uniforme.

Vulcain reste Vulcain. Tellar reste Tellar. Andoria reste Andoria.

C’est prĂ©cisĂ©ment parce que ces mondes conservent leur identitĂ© qu’ils peuvent participer pleinement Ă  une FĂ©dĂ©ration rĂ©ellement pluraliste.

L’idĂ©al fĂ©dĂ©ral prĂ©sentĂ© par Star Trek pourrait ainsi se rĂ©sumer en quelques mots :

agir ensemble lorsque cela est nĂ©cessaire, rester libre d’agir localement lorsque cela est possible.


📚 Sources


✍ Article proposĂ© par la STFE, sous la plume d’Archer