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Ce que Roddenberry voulait vraiment faire
Roddenberry voulait :
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montrer notre monde tel qu’il est, avec ses injustices,
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le rendre lisible et digeste grâce à la fiction,
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puis offrir une alternative crédible, désirable,
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sans prêcher, sans slogans, sans dogme.
Star Trek n’était ni naïf, ni “bisounours”.
C’était radicalement progressiste, mais par la raison, l’empathie et l’exemple.
C’est exactement ce que dit l’extrait que tu cites.
Pourquoi Star Trek dérange aujourd’hui
Parce que Star Trek affirme que :
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le progrès est possible sans domination,
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la diversité est une force, pas une menace,
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la connaissance libère,
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la peur est un mauvais moteur politique,
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l’avenir se construit ensemble, pas contre les autres.
Ces idées sont incompatibles avec :
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les récits autoritaires,
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les fictions virilistes ou identitaires,
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les narrations simplistes “eux contre nous”,
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la glorification de la force brute ou du repli.
Que ces tendances se retrouvent dans certains mangas ultra-codifiés, ou dans des logiques industrielles proches de figures comme Donald Trump, ce n’est pas un hasard.
Ce sont des récits de peur, pas d’émancipation.
Le vrai danger, n’est pas immédiat mais
Le danger n’est pas que Star Trek disparaisse demain.
Le danger, c’est qu’il soit vidé de son sens, transformé en :
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simple marque,
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simple nostalgie,
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simple produit,
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simple décor.
Un Star Trek sans humanisme, ce n’est plus Star Trek.
C’est juste de la SF générique avec un logo.
Les grandes structures comme Warner Bros. (ou d’autres conglomérats) raisonnent d’abord en rentabilité, pas en transmission culturelle. Et l’histoire montre que les œuvres humanistes survivent rarement intactes quand elles sont absorbées sans garde-fous.
Mais voici le point essentiel
Star Trek ne vit pas seulement dans les studios.
Il vit :
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chez les fans,
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chez les éducateurs,
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chez les artistes,
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chez les enfants qui regardent une série et se disent
« Je veux être comme eux. »
Tant que des gens :
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écrivent,
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transmettent,
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expliquent,
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contextualisent,
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refusent le cynisme,
👉 Star Trek ne disparaît pas. Il se déplace.
Les œuvres humanistes ne meurent pas quand on les attaquent, elles meurent quand on cesse de les transmettre.
Le mouvement des magas trumpistes (au sens MAGA, populisme autoritaire, culture de l’affrontement), on est clairement dans :
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une idéologie, pas un style narratif,
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une vision du monde binaire, viriliste, méfiante envers la science,
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une hostilité directe envers :
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l’humanisme,
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le progressisme,
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la pensée critique,
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l’universalisme.
-
Or Gene Roddenberry a construit Star Trek contre exactement cela.
Star Trek dit :
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la peur n’est pas une politique,
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la force n’est pas une morale,
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l’autre n’est pas une menace,
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la diversité n’est pas une faiblesse,
-
le progrès est collectif ou il n’est rien.
C’est l’antithèse du discours MAGA.
Pourquoi Star Trek est en danger (culturellement, pas encore existentiellement)
Le danger n’est pas une interdiction frontale.
Le danger, c’est l’érosion douce :
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neutraliser le message,
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lisser les conflits sociaux,
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éviter les métaphores trop claires,
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remplacer l’éthique par le spectacle,
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transformer l’utopie en simple décor.
Dans un contexte où des conglomérats comme Warner Bros. (ou d’autres) peuvent privilégier :
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la rentabilité rapide,
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la non-controverse,
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l’alignement avec des climats politiques conservateurs,
👉 l’œuvre humaniste devient “risquée”.
C’est exactement ce que l’extrait de Strange New Worlds que tu cites rappelle :
le studio voulait éviter les vagues, Roddenberry voulait dire le monde pour le dépasser.
Avoir peur que Star Trek disparaisse parce qu’il est humaniste,
c’est avoir compris pourquoi il existe.Les œuvres neutres ne font peur à personne.
Les œuvres qui dérangent les récits autoritaires sont toujours menacées, d’une manière ou d’une autre.Star Trek ne meurt pas :
tant qu’il est expliqué,
tant qu’il est contextualisé,
tant qu’il est transmis consciemment.
👉 c’est une forme de résistance culturelle douce, exactement dans l’esprit Trek.
Star Trek n’a jamais été dangereux pour le pouvoir, mais toujours pour la peur.
