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l'étoffe des héros

Avant Starfleet, avant l’Enterprise, avant le Premier Contact et bien avant la Fédération des Planètes Unies, il y eut des femmes et des hommes qui regardèrent vers l’inconnu et décidèrent d’y aller.

Ils ne disposaient ni de moteurs à distorsion, ni de téléporteurs, ni de déflecteurs. Leurs vaisseaux étaient fragiles, leurs ressources limitées et leurs possibilités de secours parfois presque inexistantes.

Pourtant, ils partirent.

Dans Star Trek: Voyager, l’épisode One Small Step rend un hommage particulièrement émouvant à ces pionniers à travers le destin du lieutenant John Mark Kelly, astronaute de la mission martienne Ares IV en 2032.

Mais cet épisode raconte davantage que le courage d’un astronaute.

Il pose une question essentielle :

Existe-t-il une fraternité des explorateurs capable de traverser les siècles ?

Une idée que l’on retrouve également dans d’autres grandes œuvres de science-fiction, notamment dans le téléfilm spécial de 1978 Capitaine Flam : L’Ultime Course à travers le Système solaire, à travers la figure du capitaine Calou.

De John Kelly à Jonathan Archer, de Calou aux futurs équipages de Starfleet, apparaît alors une même conception de l’exploration : le véritable explorateur ne voyage jamais seulement pour lui-même. Il ouvre une route que d’autres poursuivront.

🚀 2032 : avant Starfleet, Ares IV

Le 19 octobre 2032 est la date du journal de bord de John Kelly dans One Small Step ; elle constitue un repère du récit et non la durée complète de la mission Ares IV.

Dans la chronologie de Star Trek, l’humanité est encore extrêmement éloignée de la civilisation que nous connaîtrons plusieurs siècles plus tard.

Le Premier Contact avec les Vulcains n’aura lieu que le 5 avril 2063. Zefram Cochrane n’a pas encore construit le Phoenix. Starfleet n’existe pas encore sous la forme que nous lui connaîtrons et personne ne peut imaginer qu’un jour des êtres humains traverseront la galaxie.

Pourtant, quelque chose de fondamental existe déjà : la volonté d’explorer.

La mission Ares IV est envoyée vers Mars. Deux astronautes, Rose Kumagawa et Andrei Novakovich, se trouvent à la surface tandis que le lieutenant John Mark Kelly reste à bord du module de commandement en orbite.

Kelly observe soudain un phénomène spatial gigantesque. Il tente de l’éviter, mais n’y parvient pas.

L’Ares IV disparaît.

Pour la Terre de 2032, John Kelly est perdu.

Mais son voyage ne s’arrête pas là.

🌌 Un homme seul face à l’inconnu

Le module d’Ares IV a été aspiré dans une gigantesque anomalie spatiale que l’équipage de Voyager identifiera plusieurs siècles plus tard comme une ellipse gravimétrique.

Kelly survit quelque temps.

Il ignore où il se trouve et comprend progressivement que ses chances de retrouver la Terre deviennent presque nulles.

Pourtant, il continue à observer.

Il continue à enregistrer ses données.

Il continue son journal.

C’est ici que One Small Step dépasse le simple récit d’une catastrophe spatiale.

John Kelly pourrait consacrer ses dernières forces uniquement à lui-même. Mais il continue à transmettre ce qu’il découvre.

Il ne sait pas si quelqu’un retrouvera un jour ses enregistrements. Il ne sait pas si ses observations serviront à quelqu’un. Il ne sait même pas où son vaisseau finira.

Et pourtant, il documente.

Il transforme sa propre disparition en connaissance transmissible.

🛰️ Trois siècles plus tard, Voyager retrouve l’un des siens

En 2376, l’USS Voyager rencontre cette même anomalie à des dizaines de milliers d’années-lumière de la Terre.

L’équipage découvre alors quelque chose d’extraordinaire : le module de commandement d’Ares IV se trouve toujours à l’intérieur.

Avec lui sont conservés les journaux de John Kelly et ses restes.

Pour Chakotay, passionné par l’histoire de l’exploration spatiale, la découverte dépasse largement l’intérêt archéologique.

Ares IV appartient à son histoire.

Kelly appartient à son histoire.

Pourtant, tout semble les séparer : plus de trois siècles, des technologies incomparables, des milliers d’années-lumière parcourues et une civilisation devenue interstellaire.

Mais il existe entre eux quelque chose que la technologie ne peut mesurer :

ils sont explorateurs.

🤖 Seven of Nine : de l’objet primitif au frère d’exploration

Le personnage de Seven of Nine donne probablement à l’épisode sa dimension philosophique la plus intéressante.

Au départ, Seven ne partage pas l’enthousiasme de Chakotay. Pour elle, le module Ares IV est une technologie archaïque.

Comparé au Delta Flyer ou au Voyager, l’appareil est effectivement extrêmement rudimentaire. Pourquoi risquer plusieurs vies pour récupérer une relique vieille de trois siècles ?

Son raisonnement est parfaitement logique.

Mais il lui manque encore quelque chose.

En pénétrant dans Ares IV et en écoutant progressivement les enregistrements de Kelly, Seven découvre non plus seulement une machine primitive, mais un homme.

Un homme isolé.

Un homme condamné.

Un homme qui continue pourtant à faire son travail d’explorateur.

Ce qui était initialement pour Seven un simple artefact historique devient progressivement un héritage.

La valeur de Kelly n’est pas contenue dans la puissance de son ordinateur ou dans les performances de son moteur.

Elle réside dans sa démarche :

Observer. Comprendre. Enregistrer. Transmettre.

StarTrek.com présente d’ailleurs One Small Step comme un hommage aux pionniers de l’exploration spatiale, à leur courage et aux risques acceptés pour permettre aux générations suivantes d’aller plus loin.

🔗 Une chaîne qui traverse les siècles

Le point essentiel de l’épisode est là.

Les astronautes d’Ares IV et les officiers de Voyager ne représentent pas deux catégories différentes d’êtres humains.

Ils appartiennent à une même chaîne.

Les premiers explorateurs terrestres permettent aux suivants d’aller plus loin. Les missions martiennes préparent indirectement une humanité spatiale.

Le Phoenix de Zefram Cochrane franchira ensuite une nouvelle frontière en permettant le premier vol humain en distorsion.

Le Premier Contact du 5 avril 2063 ouvrira la Terre à une communauté interstellaire beaucoup plus vaste.

Les programmes expérimentaux de distorsion conduiront à leur tour au programme NX.

Starfleet terrestre se développera avant le lancement de l’Enterprise NX-01 en 2151 ; First Flight montre une étape antérieure de ce programme d’essais.

Puis la Fédération.

Puis les Enterprise, les Voyager et toutes les générations d’explorateurs qui continueront encore plus loin.

Chaque explorateur hérite d’une route commencée par quelqu’un qu’il ne connaîtra peut-être jamais.

🧑‍🚀 De l’étoffe des héros

Cette continuité est également au cœur de Star Trek: Enterprise, notamment dans l’épisode First Flight.

Jonathan Archer se souvient de ses années de pilote d’essai et de son ami et rival A.G. Robinson.

À cette époque, l’humanité cherche encore laborieusement à dépasser Warp 2.

Archer et Robinson sont concurrents. Ils veulent réussir, piloter, aller plus vite et plus loin.

Mais derrière cette rivalité apparaît quelque chose de plus important : le programme qu’ils servent dépasse leurs ambitions individuelles.

Après la destruction du NX-Alpha et alors que le programme risque d’être interrompu, Archer et Robinson prennent ensemble le risque de tester le NX-Beta.

Ils franchissent Warp 2,5.

Cette réussite contribue à maintenir le programme qui permettra finalement la construction de l’Enterprise NX-01.

L’article officiel Imagining First Flight souligne le parallèle volontaire entre cet épisode et l’histoire réelle des pilotes d’essai qui ont repoussé les limites de l’aéronautique et de l’astronautique.

Nous retrouvons alors exactement la même idée qu’avec John Kelly :

le héros explorateur n’est pas simplement celui qui va loin. C’est celui grâce auquel d’autres pourront aller plus loin encore.

⛽ Calou : laisser quelque chose à ceux qui viendront après

Cette idée ne se limite évidemment pas à Star Trek.

Elle apparaît de manière particulièrement touchante dans une autre œuvre de science-fiction populaire : Capitaine Flam.

Dans le téléfilm spécial japonais de 1978 Capitaine Flam : L’Ultime Course à travers le Système solaire — Captain Future: Kareinaru Taiyokei Race — Flam enquête sur la mystérieuse disparition de nombreux vaisseaux avant de participer à une grande course spatiale.

L’aventure conduit notamment les protagonistes à travers une zone dangereuse remplie d’épaves, présentée comme un véritable cimetière de vaisseaux spatiaux.

C’est dans cette aventure qu’apparaît le capitaine Calou, appartenant à une génération précédente d’explorateurs.

Une scène résume particulièrement bien ce que peut signifier cette fraternité : du carburant a été volontairement laissé pour permettre à un autre voyageur de poursuivre sa route.

Non pas parce que Calou savait précisément qui viendrait.

Non pas parce qu’il attendait une récompense.

Mais parce qu’un autre explorateur pourrait un jour en avoir besoin.

Ce simple geste contient presque toute une philosophie de l’exploration :

Être passé avant les autres peut aussi signifier leur laisser les moyens de continuer.

Le carburant devient alors plus qu’une ressource matérielle.

Il devient un message laissé à travers le temps.

Quelqu’un est passé ici.

Quelqu’un a pensé à celui qui viendrait après lui.

Continue.

🤝 Des frères que l’on n’a jamais rencontrés

C’est précisément ce qui rapproche profondément Calou et John Kelly.

Ils ne se connaissent évidemment pas et n’appartiennent même pas au même univers de fiction.

Mais les deux récits expriment une intuition commune.

Les explorateurs peuvent développer une forme de fraternité qui ne dépend ni de la nationalité, ni de l’époque, ni même d’une rencontre personnelle.

Celui qui suit une route difficile comprend ce qu’a vécu celui qui l’a précédé.

Il reconnaît les mêmes risques, la même solitude, la même curiosité et la même volonté de savoir ce qui existe derrière l’horizon.

C’est pourquoi l’équipage de Voyager peut regarder John Kelly, disparu depuis plus de trois siècles, comme l’un des leurs.

Ils n’ont jamais servi ensemble.

Ils n’ont jamais vécu dans la même société.

Kelly n’a jamais entendu parler de Starfleet.

Mais ils partagent quelque chose de plus ancien que Starfleet :

l’esprit d’exploration.

🧭 L’exploration n’est pas la conquête

Cette notion est essentielle pour comprendre la conception de l’exploration défendue progressivement par Star Trek.

Historiquement, le mot « exploration » a souvent été associé à la conquête, à l’expansion territoriale, à l’appropriation ou à l’exploitation.

Star Trek essaie d’en proposer une autre conception.

Explorer n’est pas nécessairement conquérir.

Explorer peut signifier :

  • observer ;
  • comprendre ;
  • apprendre ;
  • rencontrer ;
  • documenter ;
  • transmettre ;
  • permettre à d’autres de poursuivre.

Dans cette conception, l’inconnu n’est pas d’abord un territoire à posséder.

L’inconnu est une question.

Cette idée rejoint directement la philosophie développée par STFE dans La philosophie des membres de la Fédération autour du principe :

Ex Astris, Scientia — Des étoiles, la connaissance.

La connaissance acquise n’a de valeur durable que si elle peut être transmise.

🌍 La Fédération n’a pas inventé ses valeurs

C’est peut-être le point le plus intéressant pour replacer One Small Step dans la période pré-Fédération de notre chronologie.

La Fédération n’apparaît pas soudainement en 2161 avec un ensemble de valeurs entièrement nouvelles.

Elle hérite de comportements, d’idées et de traditions apparus bien avant sa fondation.

John Kelly n’est pas un officier de Starfleet.

Il ne connaît pas la Fédération.

Il ignore tout du Premier Contact qui aura lieu trente et un ans après sa disparition.

Pourtant, lorsqu’il continue à observer et à transmettre alors que sa situation devient désespérée, il manifeste déjà plusieurs valeurs qui deviendront centrales dans la culture de Starfleet :

  • la curiosité scientifique ;
  • le courage face à l’inconnu ;
  • la connaissance comme bien transmissible ;
  • le service envers ceux qui viendront après ;
  • la conviction que l’exploration appartient à une œuvre collective dépassant l’individu.

La Fédération et son histoire montre précisément cette lente continuité : le vol du Phoenix, le Premier Contact, la reconstruction de la Terre, les débuts de Starfleet terrestre, les premières alliances puis finalement la fondation de la Fédération en 2161.

Mais cette histoire institutionnelle repose nécessairement sur une histoire humaine beaucoup plus ancienne.

Avant de construire une Fédération d’explorateurs, il fallait déjà qu’existent des explorateurs capables de penser au-delà d’eux-mêmes.

📡 Friendship One : l’autre face de l’exploration

Il est intéressant de comparer cette idée à un autre épisode de Voyager : Friendship One.

Les deux épisodes peuvent finalement être lus comme deux faces complémentaires d’une même question.

One Small Step parle de ce que nous transmettent les explorateurs du passé.

Friendship One pose la question inverse :

Que transmettons-nous à ceux que nous rencontrons ?

Friendship One est une sonde lancée par la Terre avec une intention pacifique : communiquer des informations scientifiques et technologiques à d’éventuelles civilisations extraterrestres.

Mais la technologie transmise contribue indirectement à provoquer une catastrophe sur une planète.

Des habitants tiennent alors l’humanité responsable de leur malheur.

La sonde n’avait aucune intention hostile. Ses concepteurs souhaitaient partager.

Et pourtant les conséquences furent tragiques.

L’épisode introduit donc une limite essentielle à l’enthousiasme de l’exploration :

transmettre crée également une responsabilité.

Le voyageur ne doit pas uniquement se demander jusqu’où il peut aller.

Il doit aussi réfléchir aux conséquences de ce qu’il laisse derrière lui.

⚖️ Du courage à la responsabilité

On peut ainsi distinguer deux dimensions complémentaires dans la maturation de l’idéal exploratoire de Star Trek.

Avec John Kelly, la logique pourrait se résumer ainsi :

Découvrir, comprendre et transmettre ce qui a été appris à ceux qui viendront après.

Avec Friendship One, une autre exigence apparaît :

Comprendre que ce que nous transmettons peut transformer la vie d’autrui et engage donc notre responsabilité.

Ces deux formulations sont une synthèse philosophique des épisodes et non des citations prononcées par les personnages.

Cette évolution mène progressivement à la conception beaucoup plus structurée de l’exploration que développera Starfleet.

Explorer suppose le courage.

Mais également la prudence.

La connaissance.

La coopération.

Le respect.

Et la responsabilité.

💫 L’amitié sincère des explorateurs

Il reste pourtant quelque chose de beaucoup plus simple et peut-être de beaucoup plus beau dans One Small Step.

Lorsque Voyager retrouve John Kelly, son équipage ne considère pas simplement avoir récupéré une pièce de musée.

Ils ramènent quelqu’un chez lui.

Quelqu’un qu’ils n’ont jamais connu.

Quelqu’un qui a vécu trois siècles avant eux.

Mais quelqu’un qui avait regardé les étoiles avec la même curiosité.

C’est peut-être cela, finalement, la véritable fraternité des explorateurs.

Elle ne dépend pas d’avoir partagé le même équipage.

Elle ne dépend pas d’avoir vécu à la même époque.

Elle naît de la reconnaissance d’une expérience commune :

partir vers quelque chose que personne ne connaît encore.

🏅 Ce qui fait l’étoffe des héros

L’expression « l’étoffe des héros » évoque naturellement les premiers pilotes d’essai et astronautes qui acceptèrent de monter dans des machines dont personne ne connaissait encore parfaitement les limites.

Mais Star Trek apporte quelque chose de supplémentaire à cette idée.

Le héros n’est pas nécessairement celui qui réussit.

John Kelly ne rentre pas sur Terre.

Il ne termine pas sa mission.

Il ne reçoit aucune médaille de son vivant.

Il disparaît.

Et pourtant son voyage possède un sens.

Parce qu’il observe.

Parce qu’il transmet.

Parce qu’il appartient à une histoire qui continue après lui.

Calou laisse du carburant pour un voyageur qu’il ne connaît pas.

Kelly laisse ses observations pour une humanité qu’il ne reverra jamais.

Robinson et Archer prennent des risques pour préserver un programme dont profiteront les générations suivantes.

Cochrane franchit une limite qui changera définitivement la place de l’humanité dans l’Univers.

Et des siècles plus tard, Voyager continue encore la même route.

Un explorateur ouvre un chemin.
Un héros s’assure que d’autres pourront le poursuivre.

🌠 Conclusion — Nous marchons tous dans les traces de quelqu’un

Il n’existe peut-être pas de véritable « premier explorateur ».

Chaque voyage commence là où un autre s’est arrêté.

Chaque connaissance repose sur une connaissance précédente.

Chaque génération reçoit un monde qu’elle n’a pas construit seule.

Elle peut ensuite choisir de le conserver, de l’améliorer et de le transmettre.

C’est probablement l’une des idées les plus profondément fédérales de Star Trek alors même qu’elle apparaît ici avant l’existence de la Fédération.

John Mark Kelly n’était pas membre de Starfleet.

Il n’était pas citoyen de la Fédération.

Mais lorsque Seven of Nine retrouve son vaisseau plusieurs siècles plus tard, quelque chose devient évident :

il faisait déjà partie de leur histoire.

Non parce qu’il portait leur uniforme.

Mais parce qu’il avait choisi, lui aussi, d’aller voir ce qu’il y avait un peu plus loin.

Et parce qu’au moment où il comprit qu’il ne reviendrait probablement jamais, il continua malgré tout à laisser quelque chose à ceux qui suivraient.

C’est peut-être cela, au fond, l’étoffe des héros.


🔗 Pour aller plus loin sur STFE

 


📖 Lexicographie STFE

Pour approfondir certains termes employés dans cet article, consultez la
Lexicographie STFE.

  • Exploration — démarche de découverte, d’observation et de compréhension de l’inconnu.
  • Starfleet — organisation d’exploration, de recherche, de diplomatie et de défense de la Fédération.
  • Fédération des Planètes Unies — union interstellaire fondée sur la coopération entre mondes membres.
  • Distorsion — mode de propulsion permettant les voyages supraluminiques.
  • Premier Contact — rencontre fondatrice entre l’humanité et les Vulcains en 2063.

 


 

📚 Sources et références

Star Trek

Capitaine Flam

 


Références STFE


✍️ Cet article a été rédigé par le STFE, sous la plume et la vision d’Archer.