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« La plus grande tâche de toute personne est de trouver un sens à sa vie. »
— Viktor E. Frankl, Man’s Search for Meaning
Il existe des œuvres que l’on regarde.
D’autres que l’on aime.
Et puis, beaucoup plus rarement, certaines œuvres nous accompagnent suffisamment longtemps pour modifier notre manière de regarder le monde.
Star Trek est de celles-là.
Si le STFE existe aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que j’aime Star Trek. Ce n’est pas uniquement pour parler de vaisseaux, d’épisodes, d’espèces extraterrestres, de technologies futuristes ou pour accumuler des connaissances sur un univers de fiction que j’apprécie profondément.
Tout cela fait évidemment partie du voyage, mais ce n’est pas sa destination.
Une raison d’être
Le neurologue et psychiatre Viktor Frankl a consacré une grande partie de son œuvre à une idée qui me paraît fondamentale : l’être humain a besoin de sens.
La logothérapie qu’il développa repose notamment sur ce qu’il appelait la « volonté de sens » : l’idée que la recherche d’une signification, d’un but, d’une tâche à accomplir constitue une motivation essentielle de l’existence humaine.
Cette pensée me touche profondément.
Je crois que nous avons besoin d’avoir quelque chose à construire.
Quelque chose qui dépasse notre intérêt immédiat.
Quelque chose qui nous permette de nous lever un matin en nous disant :
« Voilà pourquoi je vais consacrer une partie de mon temps à cela. »
Pour certains, cette mission sera familiale. Pour d’autres, artistique, scientifique, associative, éducative, professionnelle, humanitaire ou intellectuelle.
Il n’existe pas une mission universelle que quelqu’un pourrait imposer aux autres.
Frankl insistait justement sur le caractère personnel du sens : il ne s’agit pas de dicter à quelqu’un ce qui doit donner un sens à sa vie, mais de l’aider à découvrir ce qui, pour lui, mérite d’être accompli.
Le STFE est, entre autres choses, l’une de ces réponses pour moi.
Star Trek n’est pas seulement un futur
Lorsque Gene Roddenberry imagine Star Trek dans les années 1960, il ne propose pas seulement de nouvelles machines.
Il imagine des femmes et des hommes issus de peuples différents travaillant ensemble.
Le National Air and Space Museum rappelle que la vision de Roddenberry était fondamentalement tournée vers la paix et qu’il avait imaginé l’équipage de l’Enterprise comme un groupe de personnes de différentes origines collaborant à une époque où les États-Unis étaient encore profondément traversés par les luttes pour les droits civiques.
Voilà peut-être ce qui distingue profondément Star Trek de nombreuses autres visions du futur.
La véritable technologie révolutionnaire de Star Trek n’est peut-être pas le téléporteur, Ce n’est pas le moteur à distorsion, ce n’est même pas le réplicateur.
C’est la coopération, c’est l’idée que l’être humain puisse apprendre de son histoire.
Qu’il puisse dépasser certaines de ses divisions.
Qu’il puisse choisir la connaissance plutôt que l’ignorance, la diplomatie plutôt que la violence, la coopération plutôt que la domination.
Star Trek nous dit quelque chose d’extraordinairement simple :
notre avenir n’est pas condamné à être pire que notre présent.
Un avenir auquel croire
Notre époque sait remarquablement bien imaginer la catastrophe :
Éffondrement climatique, guerres, pandémies, Intelligence artificielle incontrôlée, Dictatures, Catastrophes écologiques, apocalypse nucléaire.
Nos œuvres de fiction sont remplies de futurs dans lesquels tout s’est effondré.
Il est évidemment nécessaire d’alerter sur les dangers qui nous menacent.
Mais une société ne peut pas vivre uniquement en expliquant aux nouvelles générations tout ce qu’elles risquent de perdre.
Elle doit également être capable de leur montrer ce qu’elles pourraient construire.
C’est là que Star Trek conserve, à mes yeux, une puissance extraordinaire.
Patrick Stewart expliquait lui-même que la vision de Gene Roddenberry était profondément optimiste et voyait dans cet optimisme l’une des raisons de la remarquable longévité de Star Trek.
Cet optimisme n’est pourtant pas de la naïveté.
La Fédération n’est pas parfaite, ses institutions se trompent, ses capitaines doutent, ses citoyens commettent des fautes, des guerres existent encore.
Des conflits surgissent, mais derrière ces imperfections demeure une conviction !
Nous pouvons essayer de faire mieux. Et lorsque nous échouons, nous pouvons recommencer.
Voilà pourquoi le STFE existe
Le STFE est né de cette conviction.
Il serait très facile d’en faire simplement un site consacré à Star Trek.
Mais ce serait oublier ce qui m’intéresse le plus profondément dans cet univers.
À travers ses articles, ses réflexions, ses dossiers, ses textes politiques et philosophiques, ses travaux scientifiques, ses documents sur la Fédération ou ses futures formations, le STFE tente de poser une question beaucoup plus vaste :
Que pouvons-nous apprendre de Star Trek pour réfléchir à notre propre avenir ?
Évidemment, nous ne vivons pas au XXIVe siècle.
Nous n’avons pas de réplicateurs.
Nous ne voyageons pas à une vitesse supérieure à celle de la lumière.
La Fédération des Planètes Unies n’existe pas.
Mais nous pouvons déjà travailler sur ce qui a rendu son existence possible dans la fiction :
la coopération, l’éducation, la connaissance, la curiosité, la recherche scientifique, la diplomatie, le respect des différences, la responsabilité, le refus de considérer la violence comme notre seule réponse, et la conviction que l’humanité peut continuer à évoluer.
Donner une mission plutôt qu’une peur
Je crois profondément que notre société, et particulièrement sa jeunesse, a besoin de perspectives.
Pas d’une promesse mensongère selon laquelle tout ira nécessairement bien.
Mais de quelque chose de beaucoup plus puissant :
la possibilité d’agir.
Il existe une immense différence entre dire à quelqu’un :
« Le monde va mal. »
et lui dire :
« Le monde a besoin de toi pour aller mieux. »
La première phrase peut produire de la peur.
La seconde peut faire naître une mission.
Cette mission n’a pas besoin d’être spectaculaire mais juste.
C’est enseigner, soigner, créer, chercher, écrire, protéger, aider, comprendre, transmettre, réparer, inventer, faire progresser une communauté.
Chaque contribution peut participer à quelque chose de plus grand.
Nous ne sommes pas seulement spectateurs du futur
C’est peut-être finalement l’une des leçons les plus importantes que je retire de Star Trek.
Le futur n’arrive pas tout seul, quelqu’un doit le construire.
Avant Kirk, Picard, Sisko, Janeway, Archer ou Burnham, il a fallu dans l’histoire fictive de Star Trek des générations entières de personnes qui ont progressivement créé les conditions permettant à leur monde d’exister.
Et dans notre réalité, il en va exactement de même.
Nous ne verrons probablement jamais le XXIVe siècle.
Mais les personnes qui y vivront — quel que soit finalement le monde qu’elles auront construit — hériteront nécessairement d’une partie de ce que nos générations auront choisi de faire.
Nous avons donc une responsabilité envers un avenir que nous ne connaîtrons jamais.
Et cette idée, loin de rendre notre existence insignifiante, lui donne au contraire une dimension extraordinaire.
Une invitation
Le STFE ne prétend pas posséder les réponses.
Il propose un lieu pour chercher, pour réfléchir, pour imaginer.
Pour confronter la fiction à la science, la philosophie, l’histoire et notre réalité.
Mais surtout pour conserver une idée qui me paraît essentielle :
un autre avenir reste possible à condition que quelqu’un décide de participer à sa construction.
Voilà pourquoi j’ai créé le STFE.
Voilà pourquoi, article après article, année après année, je continue à le construire.
Et si une personne, après avoir parcouru ces pages, se demande à son tour :
« Qu’est-ce que moi, je peux apporter au monde ? »
alors peut-être que le STFE aura déjà accompli une partie de sa mission.
🔗 Pour aller plus loin
Viktor Frankl Institute of Logotherapy — Présentation de la logothérapie, de la « volonté de sens » et des différentes voies par lesquelles Frankl considère que l’être humain peut découvrir un sens à son existence.
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Viktor Frankl Institute Vienna — Présentation académique de la logothérapie et de l’analyse existentielle, notamment de la liberté, de la responsabilité et de la recherche de sens.
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Smithsonian — National Air and Space Museum — Analyse de Star Trek comme vision d’un avenir fondé sur la paix, l’exploration et la coopération entre personnes d’origines différentes.
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Smithsonian Magazine — Patrick Stewart — Entretien revenant notamment sur l’optimisme fondamental de la vision de Gene Roddenberry.
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✍️ Une réflexion sous la plume d’Archer
