🤖🌿 STFE – IA Éthique
Voir la charte

⏱ Temps de lecture estimé : 12 minutes

Le crime d’être pauvre dans un monde où il n’y a plus d’argent, n’y d’économie ; serait de ne pas avoir la volonté de s’améliorer!

Car alors, ce ne sera plus l’acquisition de richesse qui sera la ligne de conduite justifiant notre bien mais ce serait plutôt l’amélioration de soi  pour aider le reste de l’humanité !

La valeur ultime et la valeur de votre personne, de votre être, de votre savoir être, savoir vivre pour améliorer les autres êtres et ainsi la société toute entière peut alors connaître sa valeur et sa force !

🟦 Introduction — Et si l’argent cessait d’être le moteur de nos vies ?

Dans une grande partie de Star Trek, surtout à partir du XXIVe siècle, l’humanité semble avoir profondément transformé son rapport à l’économie.

La survie quotidienne ne dépend plus directement :

  • du salaire ;
  • de l’accumulation de richesse ;
  • de l’accès marchand à la nourriture ;
  • du logement ;
  • ou des soins.

La technologie, l’abondance énergétique et les réplicateurs ont considérablement réduit la rareté matérielle.

Mais cela ne signifie pas que l’économie a disparu.

Cela signifie plutôt que l’économie humaine de la Fédération ne fonctionne plus principalement selon les règles du capitalisme contemporain.

👉 La question n’est donc pas : “Y a-t-il encore une économie ?”

👉 La vraie question est : “Que devient une économie lorsque la survie matérielle n’est plus liée à l’argent ?”


🟦 1. Ce que Star Trek affirme clairement

Dans Star Trek: First Contact, Jean-Luc Picard explique à Lily Sloane que l’économie du futur fonctionne différemment :

« L’acquisition de richesse n’est plus la force motrice de nos vies. Nous travaillons à nous améliorer nous-mêmes et le reste de l’humanité. »

Cette phrase résume probablement le mieux la philosophie économique de l’humanité au XXIVe siècle.

Dans The Neutral Zone, Picard explique également qu’au XXIVe siècle, l’humanité a largement dépassé l’obsession de l’accumulation matérielle et que les besoins essentiels ne structurent plus la vie sociale comme auparavant.


🟦 2. Une économie post-rareté

Le terme généralement utilisé pour décrire ce modèle est :

économie post-rareté

Une économie post-rareté est une société dans laquelle la production et l’accès aux biens essentiels deviennent suffisamment abondants pour que leur rareté ne constitue plus le principal problème économique.

Dans Star Trek, cette situation repose notamment sur :

  • les réplicateurs ;
  • une énergie extrêmement abondante ;
  • une automatisation massive ;
  • des systèmes logistiques avancés ;
  • une médecine très développée ;
  • un accès généralisé au savoir.

Manu Saadia, dans Trekonomics, décrit précisément la Fédération comme une société ayant largement dépassé le problème traditionnel de la rareté.


🟦 3. L’argent a-t-il réellement disparu ?

La réponse la plus honnête est :

pas complètement.

Dans la société humaine du XXIVe siècle, la monnaie semble largement avoir disparu de la vie quotidienne.

Mais Star Trek montre encore :

  • des enchères ;
  • du commerce ;
  • des négociations ;
  • des monnaies étrangères ;
  • du latinum ;
  • des transactions avec des sociétés non fédérées.

StarTrek.com souligne d’ailleurs explicitement ces contradictions du canon.

Dans Deep Space Nine, Jake Sisko explique même :

« Je suis humain, je n’ai pas d’argent. »

Nog lui rappelle alors que l’humanité a abandonné une économie fondée sur la monnaie au profit d’une philosophie centrée sur l’amélioration de soi.

👉 La monnaie n’est donc plus le centre de la société humaine, mais l’échange économique n’a pas disparu de l’univers.


🟦 4. Le travail sans nécessité économique

Dans notre monde, une grande partie du travail existe parce qu’il faut :

  • payer son logement ;
  • acheter sa nourriture ;
  • payer les soins ;
  • assurer sa sécurité matérielle.

Dans une société post-rareté, cette contrainte disparaît en grande partie.

Le travail devient alors autre chose :

  • service ;
  • recherche ;
  • création ;
  • exploration ;
  • contribution sociale ;
  • quête de compétence ;
  • reconnaissance personnelle.

Manu Saadia insiste justement sur ce changement : dans Star Trek, les récompenses principales deviennent davantage la réputation, le respect, l’accomplissement et le sentiment d’utilité que l’accumulation financière.


🟦 5. Starfleet : travailler sans salaire ?

Cela pose une question fascinante :

Pourquoi rejoindre Starfleet si l’on n’a pas besoin d’argent ?

Parce que Starfleet offre :

  • exploration ;
  • connaissance ;
  • responsabilité ;
  • reconnaissance ;
  • aventure ;
  • service collectif.

Un officier ne semble pas principalement travailler pour recevoir un salaire.

Il travaille parce qu’il choisit de participer à un projet collectif.

👉 Le statut social ne disparaît donc pas. Il change de nature.

Dans une telle société, le prestige peut remplacer partiellement la richesse comme marqueur social.


🟦 6. Les réplicateurs : la rupture fondamentale

Le réplicateur est l’une des technologies les plus importantes de cette transformation.

Il permet de produire à la demande :

  • nourriture ;
  • vêtements ;
  • objets ;
  • outils ;
  • certaines pièces techniques.

Cette technologie transforme radicalement la notion de rareté.

Si un objet peut être reproduit presque instantanément, il devient beaucoup plus difficile de fonder sa valeur sur sa rareté matérielle.

Saadia présente justement les réplicateurs comme l’un des mécanismes essentiels permettant d’imaginer une société post-rareté.


🟦 7. Mais tout n’est pas reproductible

Même dans Star Trek, certaines choses restent rares :

  • le temps ;
  • les compétences ;
  • certaines matières ;
  • certaines œuvres originales ;
  • certains territoires ;
  • les expériences ;
  • la réputation ;
  • les relations humaines.

La rareté ne disparaît donc pas complètement.

Elle se déplace.

👉 On passe d’une rareté principalement matérielle à une rareté davantage sociale, culturelle et temporelle.


🟦 8. Une société sans profit ?

La Fédération n’est pas nécessairement une société « sans économie ».

Il serait plus juste de dire qu’elle semble fonctionner sans recherche généralisée du profit comme moteur principal de la vie sociale humaine.

Cela change profondément :

  • les motivations ;
  • le rapport au travail ;
  • les inégalités ;
  • la propriété ;
  • la consommation.

Mais les sociétés voisines peuvent conserver des modèles radicalement différents.

Les Ferengis en sont l’exemple le plus évident.

Ils représentent presque l’opposé économique de la Fédération :

  • accumulation ;
  • profit ;
  • marché ;
  • richesse ;
  • propriété.

👉 Star Trek utilise ainsi plusieurs civilisations pour confronter différents modèles économiques.


🟦 9. Une économie de la réputation ?

Dans un monde où les besoins essentiels sont garantis, le statut social peut dépendre davantage de :

  • ce que l’on sait ;
  • ce que l’on crée ;
  • ce que l’on accomplit ;
  • la manière dont on aide les autres ;
  • la reconnaissance de ses pairs.

C’est l’une des idées importantes développées dans Trekonomics.

Saadia décrit une société dans laquelle la réputation et l’estime peuvent remplacer en partie la richesse économique comme marqueurs de réussite.

Cela ne signifie pas que la compétition disparaît.

Elle change simplement d’objet.


🟦 10. Post-rareté ne signifie pas absence de choix politique

Un point essentiel du travail de Manu Saadia est que la post-rareté n’est pas seulement une conséquence mécanique de la technologie.

Elle suppose aussi un choix d’organisation sociale.

Saadia insiste sur le fait que la société de Star Trek ne fonctionne pas ainsi uniquement parce qu’elle possède des réplicateurs.

Elle fonctionne ainsi parce qu’elle a décidé d’organiser l’abondance autrement.

C’est une distinction importante.

Une technologie capable de produire abondamment pourrait tout aussi bien être contrôlée par :

  • quelques entreprises ;
  • un État autoritaire ;
  • une élite ;
  • un système de rente.

👉 L’abondance technologique ne garantit pas automatiquement l’égalité.


🟨 11. Lecture STFE

Dans la lecture STFE, l’intérêt économique de Star Trek ne réside pas simplement dans l’idée :

« Il n’y a plus d’argent. »

L’idée la plus profonde est plutôt :

La valeur d’une personne n’est plus déterminée par ce qu’elle possède.

Dans la Fédération idéale, la valeur sociale d’un individu repose davantage sur :

  • ce qu’il apprend ;
  • ce qu’il partage ;
  • ce qu’il crée ;
  • ce qu’il apporte à la collectivité ;
  • la manière dont il se développe lui-même.

Cela transforme complètement la relation entre économie et dignité humaine.


🟦 12. Peut-on réellement vivre sans argent ?

C’est une question ouverte.

Aujourd’hui, nous vivons encore dans un monde caractérisé par :

  • rareté de nombreuses ressources ;
  • inégalités ;
  • propriété privée ;
  • marchés ;
  • monnaie ;
  • travail contraint par les besoins matériels.

Mais certaines évolutions peuvent progressivement modifier cette situation :

  • automatisation ;
  • intelligence artificielle ;
  • énergie renouvelable ;
  • fabrication additive ;
  • baisse du coût de certains biens ;
  • mutualisation de ressources.

Le monde de Star Trek ne constitue donc pas nécessairement un modèle directement applicable.

Il constitue plutôt une expérience de pensée.


🟦 13. Trekonomics : prendre Star Trek au sérieux

Le livre Trekonomics: The Economics of Star Trek, de Manu Saadia, constitue l’un des travaux les plus intéressants consacrés à cette question.

Saadia ne traite pas Star Trek comme une simple fantaisie économique.

Il pose une question plus profonde :

À quoi ressemblerait une société dans laquelle chacun pourrait obtenir ce dont il a besoin ?

L’ouvrage analyse notamment :

  • la rareté ;
  • les réplicateurs ;
  • le travail ;
  • la monnaie ;
  • la réputation ;
  • l’automatisation ;
  • les motivations humaines.

Publishers Weekly résume le livre comme une réflexion sur une Fédération ayant « vaincu le problème de la rareté » et dans laquelle le travail ne sert plus principalement à survivre.


🟦 14. Star Trek n’est pas parfaitement cohérent

Il faut cependant rester prudent.

Le canon économique de Star Trek contient de nombreuses contradictions.

Selon les épisodes :

  • l’argent semble avoir disparu ;
  • des crédits sont mentionnés ;
  • des transactions commerciales apparaissent ;
  • Starfleet négocie avec d’autres sociétés ;
  • certains biens restent rares.

Il serait donc excessif de présenter l’économie fédérale comme un système totalement décrit et parfaitement cohérent.

👉 Star Trek propose surtout une direction philosophique plutôt qu’un manuel d’économie complet.


🟦 15. Une question politique fondamentale

Derrière la question économique se cache finalement une question politique :

Que ferait l’humanité si la survie matérielle ne dépendait plus de l’argent ?

Travaillerions-nous moins ?

Créerions-nous davantage ?

Explorerions-nous ?

Étudierions-nous ?

Aiderions-nous davantage les autres ?

Ou recréerions-nous de nouvelles formes de pouvoir et de hiérarchie ?

C’est là que Star Trek devient particulièrement intéressant.


🟦 Conclusion

L’économie de la Fédération n’est probablement ni un capitalisme classique, ni simplement un monde « sans argent ».

Elle ressemble davantage à une société post-rareté, dans laquelle :

  • les besoins fondamentaux sont largement garantis ;
  • l’accumulation financière n’est plus centrale ;
  • le travail devient principalement volontaire ;
  • la technologie réduit fortement la rareté ;
  • la réputation et l’accomplissement remplacent partiellement la richesse.

Mais la franchise conserve volontairement des ambiguïtés.

Et c’est précisément ce qui rend la réflexion intéressante.

👉 Star Trek ne nous dit pas exactement comment abolir la rareté. Il nous demande ce que nous ferions si nous y parvenions.


🔎 Pour aller plus loin sur le STFE

Cette fiche constitue une introduction générale à la question économique.

Pour approfondir les modèles sociaux, le travail, le post-capitalisme et les alternatives au système marchand :

Fiche STFE 49 – Star Trek et les sociétés alternatives : post-capitalisme, travail et utopie


💬 Citations clés

« L’acquisition de richesse n’est plus la force motrice de nos vies. Nous travaillons à nous améliorer nous-mêmes et le reste de l’humanité. »
— Jean-Luc Picard, Star Trek: First Contact

« Je suis humain. Je n’ai pas d’argent. »
— Jake Sisko, Deep Space Nine – In the Cards

Ces deux passages résument particulièrement bien la rupture économique imaginée par la Fédération.

no cash : vivre sans argent ø;)

Un futur sein ? !

L’argent le grand sacrifice

250px Trekonomics 2016 English hardcover

Tout au long de l’histoire de l’humanité, la plupart des gens dans le monde ont dû faire face à la pénurie de ressources. Pourtant, de nouvelles technologies promettant de réduire, voire d’éliminer, la rareté se profilent à l’horizon. Nous devons réfléchir à la façon de faire face à ce changement technologique. Dans le futur de l’après-pénurie, nous n’aurons pas à nous soucier de l’argent. Nous n’aurons peut-être pas besoin de travailler pour gagner des ressources, qui seront abondantes, afin que nous puissions échapper à la peur de la pénurie. Au lieu de cela, nous travaillerons pour obtenir la réputation et le respect.

Star Trek est l’exemple le plus célèbre de la société post-pénurie. Saadia a analysé l’économie de Star Trek, sur la base de divers commentaires et observations liés à cet aspect, comme on le voit dans divers épisodes de la série. Il demande aux lecteurs : « À quoi ressemblerait le monde si tout le monde avait tout ce qu’il veut ou ce dont il a besoin ? » [3][4]

L’auteur soutient que même si une distorsion n’est peut-être pas possible, l’économie post-pénurie est beaucoup plus réaliste

🔎 Pour aller plus loin

Cette fiche constitue une introduction générale à la question économique dans Star Trek.

Pour approfondir le post-capitalisme, le travail, la société post-rareté et les modèles alternatifs :

Fiche STFE 49 – Star Trek et les sociétés alternatives : post-capitalisme, travail et utopie

📚 Sources et références

 


✍️ Cet article a été rédigé par le STFE, sous la plume et la vision d’Archer